Journal de bord d'Argentine 3 - Patagonie

 

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  Le 21 Octobre 2012

Voilà en moins de temps, ou presque, qu’il faut pour le dire nous sommes sortis d’Uruguay et entrés en Argentine ! Il faut dire qu’à la frontière de Fray-Bentos tout se situe au même endroit : migrations, douanes uruguayenne et argentine, tout est dans le même bureau. Nous repartons au bout d’une ½ heure avec nos 3 mois autorisés dans le pays et 8 mois pour le camping-car.

 Ah oui au fait, monsieur le douanier on a une chienne, faut-il aller au poste Senasa qui se trouve à côté ? Non, non, c’est bon allez-y !! Et pour la fouille du véhicule ? Il n’y en a pas pour nous alors que les autres voitures y ont le droit ? Ah bon, ben d’accord monsieur le gentil douanier !!!! Et bon voyage ….

Ça c’est fait. Une fois quitter la douane, on prend la direction de Valdes. Briac a tellement hâte d’y être qu’on ne s’arrête pas trop et qu’on va faire ce qu’on déteste : Se presser. Et on roule, on roule sur la RP 6. Ou devrais-je dire la Route Pourrie 6 qui semble être en travaux depuis Mathusalem. Je crois que c’est la pire route asphaltée qu’on ait prise jusqu’ici. Sur la route, pas facile de trouver un bivouac et les pluies des derniers jours ont dangereusement affaiblis les chemins de traverse sur lesquels nous comptions. Nous demandons à des clubs de polo mais bien sûr, ils refusent nous indiquent des stations à Lujan que nous ne trouverons jamais. En désespoir de cause nous demandons à un policier si nous pouvons dormir près de son poste mais il ne souhaite qu’une chose nous voir déguerpir au plus vite. Nous reprenons notre route dans une ambiance électrique, pas besoin de faire fonctionner le convertisseur on a tout ce qu’il faut ! Et on roule, on roule sur cette p….. de route ! C’est la nuit et on plante les 2 roues dans un « gouffre » d’asphalte ! On rebondit et rebondit ... Thierry, qui n’y est pour rien, je le dis aujourd’hui, se fait engueuler le pauvre ! Nous continuons puisque nous ne trouvons rien d’accessible. Et là, on évite un cratère ( !!) qui nous oblige à rouler sur le bas côté tout gadouillou. On glisse et je ne sais pas comment on a fait pour ne pas se retrouver sur le dos. Franchement là on est passé pas loin du non-retour ! Ambiance nucléaire dans le camping-car … ! Quand on pense qu’on appréhendait le Sud Lipez … A 35km de Lujan et à 8h30 nous arrivons au village de Villars, bien calme : un petit parc, un jardin d’enfant avec des pavés devant on s’arrête là ! On rencontre un couple qui nous dit que « si, hay nada » (oui il n’y a rien !) Arrgghhhhh ! La journée avait si bien commencé.

Ma foi, on est si fatigué qu’on ne dort pas trop mal. Et cette fois direction Mar del Plata. On est pressé mais on ne reviendra pas sur cette partie de côte argentine, alors on essaie de la parcourir. Arrêt à Santa Clara del Mar où Leyva ne trouve pas mieux que de se rouler dans le poisson pourri, des écailles plein le dos. 

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On l’avait lavé à Colonia del Sacramento, Thierry et Briac la relavent ici. Elle s’obstine à ne pas vouloir comprendre qu’une odeur désagréable dans le camping-car c’est juste pas possible. 2 jours de route et nous nous approchons de Valdes. La route n’est pas excitante si ce n’est le panneau qui nous indique notre arrivée en Patagonie et les panneaux qui proclament les Îles Malouines argentines ! Nous avions déjà remarqué ce phénomène lors de notre première incursion dans le pays. Il est des blessures qui ne cicatrisent pas.

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Une étape à Balnéario el Condor pour voir la plus grande colonie de perroquets au monde : 35,000 nids actifs !! Je pensais que ça ferait plus de bruits que ça ! Toujours est-il que nous sommes en période de nidification et qu’ils n’aiment pas beaucoup nous voir par là. Ils vivent en couple dans la falaise transformée en gruyère. Ce sont tous ces petits trous qui leur servent de nids.

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La route vers Valdes est ponctuée de contrôles zoo-phyto-sanitaires. Chaque province est autonome et donc il est interdit d’importer fruits, légumes, viandes avec en prime une fumigation qui ne sert à rien … on se croirait revenu en Amérique Centrale ! 4 contrôles, 2 fouilles, 2 kiwis en moins et on finit la balade avec le sac de linges sales rempli de nourriture.  Ça y est la péninsule de Valdes est en vue.

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C’est pour les baleines franches australes que nous sommes là. 2000 environ migrent ici de Septembre à Décembre, environ. Elles viennent pour mettre bas ou en compagnie de leurs petits qui les suivent jusqu’à l’âge de 3 ans. Quand je dis « petits » évidemment je mesure mes paroles : 3 à 5 mètres et 2 à 3 tonnes, à la naissance. Des mensurations qui font rêver ! Les mères peuvent mesurer jusqu’à 17 m et peser de 30 à 50 tonnes. Elles ont une espérance de vie de 80 ans. C’est sur la plage de Punta Pardelas que nous bivouaquerons. Le spot est connu pour être le meilleur endroit pour admirer de près ces mammifères géants.  Nous y retrouvons nos amis Franck et Manue, rencontrés à La Paz. Briac, lui, retrouve ses copains Julie et Thomas.

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La petite famille se prépare à rentrer en France pour y passer les fêtes de fin d’années. Ces retrouvailles ne sont pas un hasard mais le fruit de calculs savants d’itinéraire et de temps de route ! Quand on aime on ne compte pas et se rejoindre ici, à cet endroit, est bien agréable. Cerise sur le gâteau, nous approchons du 16 Octobre, jour de mon anniversaire et fêter un anniversaire en bonne compagnie est toujours plus marrant ! D’ailleurs, ayons le courage et l’honnêteté de dire que la première soirée, nous avons totalement occulté les baleines de notre esprit ! Nous sommes quittes pour retourner au Brésil acheter de la cachaça ! Le réveil s’avère difficile : une soirée comme on les aime et un lendemain comme on les déteste ! Mais revenons à nos baleines !

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Toute la péninsule est faite de falaises qui s’enfoncent dans la mer et la plage où l’on se trouve ne fait pas exception. La descente est abrupte ! Du coup cela facilite l’approche des cétacés qui parfois ne se trouvent qu’à une petite dizaine de mètre de nous. Comment vous dire l’émotion qui nous gagne et vous faire comprendre la magie de ces instants. Elles sont si imposantes et si gracieuses. Les baleineaux sont trop drôles, de vrais gosses qui sautent, virevoltent, passent sur, sous leur mère … des gamins, quoi ! Et au moment où j’écris ces lignes un petit et sa mère sont juste devant le camping-car, à quelques mètres de nous !!! Je vous dis c’est magique ! Nos amis nous quittent pour Buenos Aires où ils ont rendez-vous pour organiser leur retour en France. Un groupe de baleines restera pratiquement 48 h dans la petite anse où nous nous trouvons : réveil au souffle des baleines. Une envie folle nous tarabuste l’esprit : se baigner avec ces géantes des mers. Nous louons Une combinaison car l’eau est aux environs de 14° (on a mesuré).

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Et bien sûr, ce jour-là, elles ne sont au rendez-vous mais bien plus loin que la veille. Qu’à cela ne tienne, je me lance, vent contraire et marée descendante. Autant dire que le courant m’emmène où je ne veux pas forcément aller et je ne m’approche que peu des baleines bien que je sois déjà loin du bord. Mais être au même niveau qu’elles donne une impression de grandeur plus importante que vue de la plage.

dsc-3864-1.jpgLa fatigue et le froid m’oblige à rentrer difficilement. J’ai eu la bonne idée de prendre le body board de Briac qui me permet de courtes pauses mais j’ai les bras et les pieds ankylosés par le froid. Enfin je vois le camping-car qui se rapproche, j’en aurais été quitte pour une bonne frousse ! La douche chaude est indispensable. Thierry et Briac profite de la combinaison pour voir les fonds marins, l’eau est très claire ici. Malheureusement près de la côte, rien de bien passionnant. Nous ramenons la combinaison. Le lendemain, elles sont à quelques mètres du bord. Un peu vexée, verte de rage, je trépigne et me rejette à l’eau en maillot cette fois-ci !!

dsc-3975.jpgJe ne suis jamais entrée aussi vite dans une eau si froide, on fait des trucs bizarres parfois. Je m’avance, elle est toute proche avec son petit. J’ai bien à l’esprit que je ne dois pas m’interposer entre les deux. Mais, c’est la mère qui s’occupe de me laisser à l’écart, m’estimant trop proche d’elle et de son baleineau elle s’écarte. « Mais non revient ! » pas question, elle s’éloigne. OK ! J’ai compris le message. Je ne suis pas là pour la déranger, juste être avec elle et ça c’est énorme … Briac tente de me rejoindre mais l’eau est trop froide, il restera au bord. Et surprise ! Qui vient nous voir, faire son curieux : un petit lion de mer !

dsc-3986.jpgTrop génial et on se dit que vraiment on a une sacrée chance de vivre ça ! Il y a une mère toute noire qui vient avec son petit tout clair (ce n’est pas une dépigmentation, juste sa couleur et quand il sera grand il sera tout gris). Ce petit est vraiment le plus coquin de tous : toujours à faire le zazou ! Il est beau comme tout et du fait de sa couleur on peut le suivre aisément dans l’eau claire.

 

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Après 2,3 jours de temps gris, le soleil réapparaît avec la chaleur et le soir les couchers de soleil sont de toute beauté. On profite de ce beau temps pour faire le tour de la péninsule car Valdes ce sont aussi des éléphants de mer, des lions de mer et des pingouins de Magellan, adorables !

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Mais le soir nous revenons « à la maison », impossible de penser bivouaquer ailleurs que sur cette plage de Pardelas. En vérité, on ne se lasse pas de cet endroit. Après 10 jours passés, nous n’avons pas envie de partir.

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Pourtant, nous avons tant de choses à voir encore qu’il nous faut les quitter ces belles des mers. Direction Ushuaia.

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  Le 29 Octobre 2012

Dimanche 21 Octobre sera notre jour de départ de Valdes. La veille nous avons revu Jean-Marc et Isabelle et rencontré encore une nouvelle famille française : Stéphane, Anne et leurs 2 garçons Rémi et Hugo. Comme toujours les enfants ne mettent pas longtemps à se retrouver jouant ensemble et les parents devant l’apéro. Une soirée bien agréable. Tout comme celle que nous avions passée quelques jours auparavant avec Guy et Joël, en voyage pour 2 mois et demi dans le sud de l’Amérique du Sud.

Avant de passer le péage de sortie, nous faisons un arrêt au centre d’information et qu’est-ce que je vois ? La roue avant droite qui dit ostensiblement merde à la roue avant gauche ! Souvenir de la RP6, Bon ! A la prochaine ville, nous devrons faire un parallélisme et aller chez un véto pour Leyva qui s’est chopée plein de tiques sur la péninsule, dont une énorme de 2cm de long sur le cou : horreur !

Le parallélisme s’avèrera compliqué alors que nous avons toutes les mesures pour aider le mécano. Mais comme celui-ci a décidé de nous prendre pour des lapins de 6 semaines et de prendre comme référence un véhicule brésilien, quand on repart ça ne va pas : le véhicule tire à droite et le volant est toujours de travers. Nous y retournons et Thierry réussi, quand même, à lui faire chercher un véhicule correspondant au notre. Le résultat n’est pas parfait mais le pauvre ne doit pas savoir régler grand-chose !

Quant à « Boule à Tiques », nouveau nom de Leyva trouvé par Briac pour l’occasion, rien de bien grave : les tiques ne sont pas porteuses de maladie en Argentine. On est soulagé car elle a une tête qui est resté coincée près de son œil. On a pu prendre auprès de ce véto des info pour le puçage électronique que nous sommes obligés de faire pour pouvoir la ramener en France à notre retour.

Nous avons quitté la Péninsule mais pas les baleines qu’on retrouve par petite dizaine juste devant notre bivouac à la Playa Doradillo. Ça souffle, ça sort la tête, les nageoires, la queue, ça joue et ça saute. 2 sauts simultanés, 6 ou 7 souffles simultanés : le deuxième soir à cet endroit elles nous font un spectacle magnifique et cerise sur le gâteau nous sommes seuls pour le voir ! C’est que pour nous !!!!

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Après toutes ces émotions et 60 kms de piste, que l’office du tourisme de Puerto Madryn nous déconseille d’emprunter, car sans signalisations !! comme si ça nous arrêterais, et donc nous arrivons sans encombres à Punta Ninfas.

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Cette pointe se trouve de l’autre côté de la péninsule de Valdes et marque l’embouchure du Golfo Nuevo qui nous impressionne par le bleu de son eau. A cet endroit se trouve un refuge d’éléphants de mer. Il y a plusieurs colonies, nous en voyons pour notre part 4. De notre hauteur, près du phare, nous voyons les mères qui allaitent les petits et les mâles qui eux, bien sûr, dorment. Ça ne vous rappelle rien ??!!  Il ya un petit « sentier » non balisé que Franck et Manue nous avait suggéré de prendre. Nous le trouvons bien difficilement et descendons. Nous sommes à 2m des éléphants de mer. Enfin des jeunes car nous évitons de nous faire remarquer par les mâles. Ils se mettent à l’eau et vous suivent en vous regardant d’un air patibulaire : pas rassurant du tout car malgré leur poids et leur anatomie ils se déplacent très vite ! Mais, les petits sont adorables avec de gros yeux noirs opaques.

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Les adultes, eux, sont bien abîmés : du sang séché macule leur peau. Peut-être des blessures faites lors de l’accouplement ou des bagarres auxquelles se livrent les mâles (seules activités qu’ils ont, les pauvres !). D’une journée prévue, nous passons à 2 jours. On ne se lasse pas de regarder ces animaux qu’on n’a pas en France.

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Pour une fois c’est une ville qui nous attire. Bien loin de l’aridité de la Patagonie, nous allons sur le petit oasis de verdure qu’est Gaiman.

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Gaiman est une ville fondé par immigrants gallois qui eux seuls ont acceptés de vivre en Patagonie à la fin du 19ème siècle. Vite rattrapés par l’état Argentin qui a eu trop peur de voir toute cette région « colonisée par des britanniques  ! ». Dans cette ville des restes de culture galloise : église, collège (le 1er en Patagonie), poste et salons de thé (casas de Té), encore nombreuses aujourd’hui. On y sert thé, tartes, scones, marmelades etc… que des choses gustatives, bonnes pour la ligne et que nous n’avons pas dégustées depuis des lustres. On s’y précipite et, comme la quantité n’est pas en reste, on s’empiffre de douceurs dans un décor hors du temps ! Difficile de croire que nous sommes en Patagonie quand on est assis à une table recouverte de broderies, les théières recouvertes de tricots tous plus kitsch les uns que les autres ! Ça fait du bien de temps en temps, une bulle de calme et de finesse.

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Nous reprenons notre chemin et nous dirigeons vers Camarones en longeant la côte et sommes surpris par ces paysages colorés blancs, beiges, rouges, roses étonnants ! On ne s’y attendait pas, on commençait à s’habituer à la monotonie des paysages patagoniens : désertiques sans grand intérêts. Comme quoi à tout moment on peut être étonné !

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Nous nous arrêtons à Cabo dos Bahias pour revoir les pingouins de Magellans en période de nidification. Le site plus petit que Punta Tombo, réputé donc plus touristique et payant, est très intéressant, très tranquille : nous sommes à quelques centimètres parfois des nids ou terriers.

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C’est le mâle qui vient choisir le terrier déjà existant grâce à des générations de pingouins. Pour se nourrir, ils sont obligés de retourner dans l’eau, évidemment, et se donnent le tour pour garder les 2 œufs annuels qu’ils font. A mon avis, étant donné parfois la distance qui sépare le nid de la mer ; il y a des mâles qui ont du passé un sale quart d’heure !

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A cet endroit, se trouve également une loberia, une grande colonie de lions de mer un peu éloignée du sentier mais nous pouvons les apercevoir avec nos jumelles.

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Nous nous arrêtons plus loin à Bahia Bustamente. Ce que nous pensions être, grâce à notre carte un village est en fait une estancia privée ! Cette estancia a employé plus de 500 ouvriers, ce qui a obligé le propriétaire à y ajouter une école, un poste de police, des tiendas et ainsi elle est devenue un village, aujourd’hui déserté « grâce à » la technologie qui a remplacé les hommes ! Nous sommes bien accueillis et dormons à l’abri du vent, notre nouveau compagnon de route en Patagonie.

 

  Le 11 Novembre 2012

Cet arrêt sera pour nous une chance. Nous rencontrons Victoria, Tito, Matias, Esteban et Jorge. Tito nous répare notre pneu avant droit, crevé au portail de l’estancia sur un clou, et nous fait visiter les hangars où sont entreposées des algues. L’activité première de la ferme est la récolte des algues utilisées dans l’alimentaire et la cosmétique  Européens et Etasuniens. Victoria qui nous donne les codes wifi et nous fait un super prix pour une balade en bateau sur les îles avoisinantes. Voilà une offre qu’on ne peut pas refuser et nous pouvons revoir des pingouins de Magellan, des cormorans royaux et des Lions de Mer, dont on n’avait vu les énormes mâles que de très loin. Ils sont superbes avec leurs espèces de crinières et leur profil de lion. Quant aux petits et aux femelles, la curiosité les amène très près du bateau. On n’a pas très chaud sur le bateau mais du café et des biscuits qui font du bien. 

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Esteban et Jorge nous aident à solutionner un retrait bancaire à la Banco del Chubut de Puerto Piramides qui a bien été retiré sur notre compte sauf … que l’argent on ne l’a pas eu. Donc appel au service clientèle et tout le tintouin heureusement nos 2 interprètes privés sont là ! Arrêt productif et agréable !

Nous repartons dès le lendemain pour Comodoro Rivadavia, où je ne voulais pas spécialement m’arrêter, pour continuer de résoudre notre histoire de retrait (franchement on aura tout eu, sauf la panne moteur, mais dois-je le dire ?!!). Évidemment, nous mangeons sur le bord de route, rapidement, et nous nous arrêtons sur une énorme pointe qui … crève notre pneu arrière droit, cette-fois ! Ça faisait longtemps et ça ne nous manquait pas ! En plus de la banco del Chubut, nous cherchons la « gomeria » qui devra réparer le pneu. Bien sûr, à l’heure annoncée le pneu n’est pas prêt ! Une demi-heure de plus ! Normal ! Paciencia ! Il est 19 h quand nous partons pour notre bivouac : un phare sur notre carte et nous voilà à 15 km de Comodoro à Don Bosco, coin tranquille plus qu’en ville en tout cas.

Une demi-heure pour le pneu et 3h30 à la banque pour tenter de trouver un début de solution. Il faut absolument insister si on était parti tout de suite on n’aurait eu aucun renseignement. Mais, la responsable qui s’occupe de nous comprend bien que nous ne sommes pas décidés à partir avant d’avoir obtenu quelque chose. Et donc après tout ce temps nous repartons avec un dossier contre la société qui s’occupe des distributeurs, la Link. Notre banque va se retourner contre visa qui va se retourner contre la Link. Reverrons-nous un jour les 1000 pesos manquants ? Nul ne le sait, à chaque jour passé, l’errance ou le recouvrement !  …

 

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Ne nous laissant pas abattre, il ne manquerait plus que ça, nous partons vers Puerto Deseado. Petite ville au bord de l’océan, avec un port et des eaux étonnamment vertes. Nous dormons au rythme du vent et des cris de pingouins qui logent sur l’île d’en face. Ça pourrait être pire !

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Nous avions vu des arbres pétrifiés aux USA, mais nous étions curieux de voir si ici nous verrions les mêmes couleurs que là-bas. Donc nous faisons les 50 km de piste pour aller vérifier : eh bien non les couleurs sont différents et le rendu de la pétrification n’est pas le même. Aux USA, plus de couleurs (rose, rouge, orange, bleu, violet) mais moins de fibres visibles ; alors qu’ici c’est le contraire : moins de couleurs mais on peut voir très nettement les fibres du bois d’où un véritable aspect de bois vitrifié et non seulement de pierre. Sans doute, l’époque de pétrification n’est-elle pas identique, c’est ce que nous en avons déduit avec les guardaparques.

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Le vent à décorner les bœufs argentins nous empêche de faire la visite le soir. Il nous empêche d’avancer et surtout la poussière qu’il soulève est insupportable. Bien que nous soyons dans un cadre magnifique nous ne dormons que très peu. Le vent souffle fort et s’arrête ; pendant 15 secondes, plus rien du tout et le voilà qui revient de loin ; on l’entend s’approcher et se jeter contre le camping-car : on est à 2 doigts du mal de mer et surtout on a cette sensation désagréable qu’au matin nous serons sur le flanc et non plus sur nos roues. La nuit est longue ! Heureusement, au matin le soleil et le vent … aussi mais un chtouille moins fort, en tous cas plus de terre à voler…

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Nous sommes un peu pressés d’arriver à Ushuaia et nous allons assez rapidement à Rio Gallegos pour les papiers de Leyva. Nous avions prévu de rester 3 jours dans cette ville sans grande intérêt, le temps nécessaire pour avoir l’autorisation d’exportation de la chienne, en théorie. Nous arrivons un dimanche, le Senasa est ouvert et 3 minutes seulement nous suffiront pour avoir le papier. Nous repartons immédiatement et bivouaquons à quelques km de la frontière, près de la Laguna Azul, lagune au creux d’un cratère de volcan : beau et calme.

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Et le lendemain ça y est, après les formalités douanières simples (sauf la fouille chilienne qui nous a privés de mais à Pop corn et d’aliments pour chien ! procédure ridicule quand on sait que l’agent n’a même pas ouvert le frigo !) et la traversée du détroit de Magellan, nous sommes en Terre de Feu ! Les 100 premiers km sont chiliens et sont de la piste. Les gouvernements chiliens et argentins n’arrivent pas à se mettre d’accord sur le fait de savoir qui pourrait bien payer les travaux de revêtement de cette route qui sert sans doute plus à l’Argentine qu’au Chili …Car oui il ne faut pas oublié que la Terre de Feu est divisée entre ces 2 pays : au Nord le Chili et à la pointe sud l’Argentine. Nous repassons donc la frontière argentine le même jour. Et de 2 !

Halte à Rio Grande ville peu intéressante et pas très jolie mais qui s’enorgueillit d’être la ville de vos rêves ! Jusque là, les paysages sont assez monotones, même si la côte est jolie. Mais après Rio Grande, au bout d’une ligne droite, les sommets enneigés apparaissent et, là, on se dit que, ben oui, on y est bien ! Plus on avance vers Ushuaia et plus c’est beau : ça nous ramènerait presque au Canada, quand nous étions vers Manic 5, le long de la rivière Manicouagan. Des rivières, des lacs, des cimes blanches de neige, une végétation, que nous avions un peu perdue de vue, qui réapparaît. Tout ceci dans une lumière extraordinaire et sous un ciel bleu réellement bleu. 

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On est fan de la Terre de Feu !

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Ushuaia, on s’y attendait n’est pas ce qu’on peut appeler une jolie ville mais c’est le bout du monde ! Nous avons froid (4°C), il neige pour nous c’est comme un rêve. Le matin presque 10 cm recouvrent le camping-car et le terrain de camping dans lequel nous sommes. Construction d’un bonhomme de neige obligatoire ! Le résultat est satisfaisant pour Briac, son rêve d’avoir de la neige et faire un bonhomme à Ushuaia est accompli : nous sommes des parents extra-ordinaires !

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On se décide à visiter le Parc National de Terre de Feu. Nous sommes ravis : c’est beau, enneigé (toujours), calme avec des oiseaux et des renards (Zorro Colorado).

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Nous bivouaquons sur une aire autorisée : petit ruisseau, herbe, monts blanc de neige ! On est Vendredi. Malheureusement ; le lendemain c’est Samedi (jusqu’ici tout le monde suit ?) et le samedi c’est week-end (on suit encore ?) et les week-ends en Argentine c’est bruyant. Alors ce beau parc national avec ses animaux sauvages se transforment en vulgaire camping municipal et sa fermette, où les animaux sont nourris et reçoivent des pierres une fois qu’ils n’amusent plus la galerie, dérangés, où les ordures sont laissées sur le sol, où le respect n’existe pas !  On y a assisté, on l’a vu, je n’invente rien. Un coup de gueule qu’on lance tous les 3 ! Car depuis le début la Patagonie si belle, si sauvage ne ressemble qu’à une immense déchetterie à ciel ouvert ! Des sacs poubelles entiers jonchent le sol, sans compter les autres déchets qui trainent et qui sont emportés par le vent. Thierry a même ramassé un sac qui avait contenu des alfajores (douceurs typiques d’Argentine fourrés au Dulce de Leche) devant la dame qui lui dit « non, non, je n’en ai plus besoin ! » Elle ne le ramasse pas pour autant son sac et prêt de s’envoler Thierry le rattrape et le jette dans NOTRE poubelle ! La dame a quand même été gênée : la moindre des chose, non ??!! Au-delà de nous agacer, cela nous rend avant tout triste. A Puerto Deseado, ça fait mal au cœur : toute la côte du village n’est que détritus. Ils peuvent interdire les chiens dans les parcs … M…, on est en Argentine quand même, un pays qui se veut moderne et tout le monde se fout de tout ! En Bolivie, c’était étonnamment plus propre !

Voilà ça c’est fait ! Je m’excuse auprès de nos amis argentins de cette manifestation de colère.

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  Le 22 Novembre 2012

 

Nous quittons Ushuaia, après une dernière nuit bien mouvementée. Lorsque nous sommes retournés au camping municipal, nous avions oublié que nous étions dimanche ! Dimanche en Argentine, c’est asado (BBQ), musique à tue-tête et ronflement de moteur à n’en plus finir. Jusque là tout va bien sauf, qu’à cette période de l’année à Ushuaia, il fait nuit noire à 23h30 et que franchement on est fatigué. Alors comme nous voulions voir la ville illuminée, on va sur la Bahia Encerrada, en face de la ville. Oui mais, c’est sans compter sur les employés du casino qui manifestent avec tambours et trompettes parce qu’ils ne sont pas assez bien payés. Loin de moi l’idée de dire qu’ils ont tort mais ils ont l’esprit tenace et ils tapent jusqu’à minuit sur leurs engins de malheur. Ce à quoi les fous de tuning prennent le relais pour essayer le tout nouveau son d’échappement de leur Opel Corsa ou autre R19 chamade, qui nous le savons bien sont des voitures hautement design pour ce genre d’exercice ! L’épuisement fera son œuvre malgré tout !!

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Nous quittons aussi ces hordes de touristes français qui ont toujours ces mauvaises manies de ne pas être capable de dire bonjour, merci ou au revoir dans la langue du pays qu’ils visitent. On ne leur demande pas d’apprendre la langue pour 15 jours de voyage mais un peu de respect ne ferait pas de mal. Par contre pour toucher les animaux sauvages, ça ils savent faire !! On n’est pas toujours fiérots d’avoir le drapeau bleu-blanc-rouge sur la capucine.

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Maintenant vient le temps d’osciller entre Argentine et Chili pour tous ces paysages de rêves : Torres del Paine ; Perito Moreno, Fitz Roy, les lacs …

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Commentaires (3)

1. DEBROISE 29/10/2012

Bravo pour votre périple !!! Grâce à vous, nous découvrons de très belles régions et cela nous fait rêver.
A bientôt.

2. Coralie 22/10/2012

Coucou los amigos,
Stop! on ne vous lira plus, vous l'aurez bien cherché! ça donne trop envie! Et nous ici, on a vue que sur les moutons! C'est pas juste.
Sinon, début d'emménagement prévu pour le week end prochain. Et si! C'est possible. Bientôt fini le camping car pour nous. Bisous, on pense bien à vous, à très bientôt.

3. Gustavo M. Rapshy 22/10/2012

Bonjour les amis! Je suis très heureux de vous entendre et quel bel endroit!
Suivez voyage disfruando et ces beaux endroits. Bonjour à tous Sevel amis. Gustavo Rapshy

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