Journal de Bord Bolivie

  Le 24 Juin 2012

Donc nous sommes côté bolivien du Lac Tititcaca, à Copacabana (oui il n’existe pas qu’au Brésil). La sortie du Pérou s’est bien passée. Comment on a fait pour la chienne ? On l’a mise avec Briac dans les toilettes en prétextant qu’il était malade ! Oui c’est moche et on en n’est pas fier ! On a fait la même chose pour entrer en Bolivie. Entrée qui nous mis au parfum tout de suite parce qu’on nous demandé avant de sortir de retourner au Poste de Police et là on nous réclame 10 bol sans reçu qu’on refuse de payer et le type te dit que c’est pour lui et ben non Thierry n’est pas d’accord et il nous laisse partir : adelante señor …

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    Le 27 Juin 2012

Nous avons donc passé la frontière à Copacabana alors qu’était prévue celle de Desaguadero, nous nous retrouvons donc au pied du lac mythique Titicaca. Le lac le plus haut du monde : 3800 m, et il est immense.

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Notre idée première est de partir sur Tiwanaku, le site archéologique qui inspira « le temple du soleil » à Hergé. Mais, sous l’influence très convaincante de Briac qui descend du camping-car en courant en nous disant qu’on ne peut pas partir du lac comme ça et qu’il « est impressionné qu’on veuille partir tout de suite sans voir ce lac mythique » dixit, on reste. Nous nous arrêtons à un hôtel réputé pour accepter les véhicules. Ces bivouacs « calculés » ne sont pas nos préférés mais nous permettent de laisser le camping-car pour un long moment dans un endroit sécurisé. Car nous décidons d’aller sur l’Île du Soleil, l’Isla del Sol, île où serait né le Soleil, rien que ça. C’est vrai on ne peut quand même pas passer à côté ! A 8h30 départ du port, 2h pour arriver sur l’île et il y a de la houle (décidemment ces lacs nous jouent des tours ! hein Sandrine). Bien sûr on papote avec les autres touristes et on apprend 2-3 trucs sur le Chili et l’Argentine. On débarque avec l’envie pressante de manger, la houle a eu raison de nos estomacs ; il faut dire qu’on navigue à 2 à l’heure !  Une fois le pied sur l’île on se décide à y rester la nuit dans un hôtel du village.

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Seulement 3 communautés vivent ici, ce qui représente 5000 personnes environ. On achète le boleto pour visiter et on se lance sur les traces de Manco Capac, Mama Occlo et des tiwanakus (pour les légendes c’est sur le Blog de Briac qu’il faut aller voir). Un joli site avec une belle promenade, on retrouve les couleurs des caraïbes.

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On a un ciel bleu de chez bleu qui donne au lac une couleur incroyable. Bref, on se régale encore une fois et on est ‘tout seul les 3’, on prend son temps, on apprécie ce moment de tranquillité qui nous fait oublier non plus le pays des Cités d’Or mais le pays des Touristes d’Or, on se paye même le luxe de prendre un guide. On essaye de distinguer le Puma sur le rocher du Puma (Titicaca en aymara) sans grand succès par contre le visage de Wiracocha à côté est parfaitement visible, non ?

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On dîne dans une gargote comme on les aime d’une truite du lac, délicieux ! Un petit resto avec 4 tables et tout le monde participe : la mère, le père et le fiston. Et pendant qu’on mange les vaches, les moutons, les ânes et les cochons descendent des hauteurs de l’île accompagnés de leurs gardiens ou gardiennes. 

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Le lendemain matin, on se prépare pour le chemin qui mène du Nord de l’île, où nous sommes restés, au Sud. 3 heures sur un chemin bien balisé qui monte et qui descend …et qui est ponctué de différentes billeteries : à chaque communauté son petit droit de passage : 10+15+5 dans l’ordre ! Attention, on nous dit que le ticket est valable 3 jours mais vous avez toujours un petit malin qui veut vous faire raquer. Si je dis qu’on est tombé sur ce petit malin, personne ne sera surpris. Un peu agressif papy avec ses feuilles de coca dans le bouche, j’ai vu rouge et lui est demandé de se calmer un peu surtout quand il me dit «– hier on était le combien ? – ben le 23 – et aujourd’hui on est le combien ? –ben le 24, gggrrrhhh ! » Donc nous aussi on hausse le ton et il nous laisse passer. Ce n’est pas le prix mais bon ça suffit quoi !!!

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 L’arrivée sur le côté sud nous conforte dans notre choix d'être resté au Nord pour la nuit : plus tranquille, plus joli, plus sauvage. Et on déjeune (oui je sais encore la bouffe !) face à la Cordillère Royale. Alors notre bonhomme on  le remercie  vraiment de nous avoir incité à rester : que tu as eu raison, mon ange !!

Prochaine étape, cette fois, ce fameux site de Tiwanacu. Passage obligé par La Paz et par le Ferry qui traverse l’isthme entre le lac Titicaca et le lac Huyñaymarka, à San Pedro de Tiquina. Ce n’est pas notre premier ferry mais à chaque fois on adore.

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Le site de Tiwanacu n’est pas aussi impressionnant et bien conservé que les sites péruviens, malgré tout il nous a beaucoup plu par sa différence. Les constructions sont à mi-chemin entre les pré-incas et les incas.

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La porte du Soleil est superbe et les statues sont finement sculptées le plus souvent à partir d’un seul bloc de pierre. La porte du Soleil se situe à l’intersection des rayons du soleil qui la traversent lors des solstices et des équinoxes. Le musée Litico renferme une statue de Pachamama (mère Terre) d’environ 3 m de haut ! On est bluffé par l’ingéniosité de ces civilisations : ils fabriquaient dans des moules des pièces de métal pour lier entre eux 2 blocs pour que la construction ne bouge pas. Cela impliquait donc d’abord de creuser la pierre. Le musée ceramico quant à lui possède des poteries dont les peintures sont très belles et les représentations sculptées  de visages et d'animaux sont très recherchées. 2 sites et 2 musées pour une bonne matinée sous le soleil, justement !

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Nous sommes à 60 km de La Paz. La vue en arrivant sur la capitale bolivienne est plutôt jolie car elle est surplombée par la cordillère royale et ses sommets à plus de 6000 m. Notre bivouac, le parking de l’aéroport, s’avère plus calme que prévu et nous y resterons alors que nous étions hésitants.

 

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 Le 11 Juillet 2012

 Le parking du bivouac est un repère connu des voyageurs, nous nous retrouvons à plusieurs voitures : 5 au total ! Une première pour nous ! Nous profiterons de l’internet et de la place pour bricoler tranquille toute une journée.

On ne visitera La Paz que rapidement, la ville ne nous emballe pas plus que ça. Pour cause, on s’y est fait voler notre appareil photo !! on est sans doute resté trop longtemps dans le même quartier et on nous a repéré.Un peu énervés et vexés de s’être fait avoir, nous partirons assez rapidement. En Bolivie il y a 2 complications : le carburant et le gaz. Pour le premier nous bénéficions d’un prix spécial étranger juste 3 fois plus cher que pour les bolivianos, 9.37 bol au lieu de 3.72. L’état participe au frais de carburant mais nous nous devons payer la différence ! Les stations sont surveillées par caméra et militaires. Pourtant on arrive à trouver des stations qui acceptent de nous faire payer moins cher : 5 bol/l. Prix très correct pour nous, il faut seulement ne pas s’y prendre au dernier moment. Pour le gaz c’est autre chose, une loi est sortie interdisant de remplir les bouteilles personnelles ; c'est-à-dire qu’il n’y a plus que des échanges. Nous optons pour cette solution : acheter une bouteille neuve vide, l’échanger contre une vieille pleine. Nous avons quand même réussi à faire rempli notre bouteille canadienne à Tolata sur l’ancienne route de Santa Cruz. On y a même fait un ajout de gasoil pour le prix local !! On aime Tolata !!!

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Nous quittons La Paz pour Le parc de Sajama en très bonne compagnie, avec Manue et Franck et leurs enfants rencontrés à l’aéroport. Là-bas c’est la fraîcheur (-9°c, la nuit !!), les sommets enneigés, les troupeaux de lamas et les geisers qui nous attendent. Les enfants s’entendent super bien et on passe un moment bien agréable qui nous fait, un peu, oublier le vol.

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On se baigne dans les geisers, on mange de l’alpaga qu’on fait cuire au barbecue et qu’on déguste avec un petit vin du coin. L’alpaga est né, élevé, tué et mangé au même endroit que demander de plus, on se régale …3 journées excellentes !  On a pu admirer les qualités de chienne de troupeau de Leyva qui s’est bien amusée à courir après les lamas qui pullulent ici.

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Bien évidemment au sortir de Sajama, on s’enlise à l’endroit où nous avions arraché un bout de pare-chocs à l’aller, on commence à s’habituer.

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On se quitte à Caracollo sur un bivouac bien calme entre l’église et la bibliothèque, et une soirée un peu … comment dire… arrosée.

On file sur Cochabamba pour tenter de retrouver un appareil photo et faire réparer l’ordi. Ah oui évidemment, pour clore cette semaine, on a eu un souci d’ordi : monsieur a décidé de ne plus bosser et pourquoi pas ? Il a du se dire qu’ici le mouvement était plus lent et qu’il avait bien mérité de se la couler douce. M’enfin …

Manue nous a donné un endroit pour dormir dans un séminaire batiste, pourquoi pas ? A peine arrivés, nous sommes accostés par Orlando et Liliam qui voudraient acheter notre Peskebrel ! On n’est pas vendeur mais on discute pas mal et on leur demande s’ils connaissent un endroit pour le PC et l’appareil photo. Ni une, ni deux Liliam nous donne l’adresse de son boulot et nous emmène elle-même voir quelqu’un de sérieux qui travaillera jusqu’à 21h pour nous dépanner : le PC fonctionne mais le disque externe qui avait un souci lui n’est plus de ce monde …Dans l’après-midi, on la rejoint pour l’appareil photo et comme on a personne pour venir avec nous, c’est elle qui nous accompagne. Et c’est son mari Orlando qui vient nous chercher en voiture !!! Nous ne trouverons l’appareil que le lendemain mais au moins on en a un et on peut recommencer à faire de belles photos (le petit numérique que nous avions donné à Briac nous a certes dépannés mais la qualité fait défaut et ses 5 Mpixels nous  frustrent un peu). Nous passons avec eux 3 jours très intéressants et nous papotons beaucoup de tout et de rien et tout ça en espagnol. Ils nous promènent, nous donnent de bonnes adresses et en plus nous couvrent d’attention et de cadeaux. Encore nos antennes qui ont du se mettre en marche pour attirer vers nous l’aide et le bienveillance ! Toujours est-il que nous avons fait là une rencontre fantastique et que nous les remercions pour tout ce qu’ils nous ont apporté : j’avoues que les au revoir ont été difficiles.

dsc-0002.jpgComme ils nous ont déconseillé la route du parc de Toro Toro, nous allons en direct vers Sucre. On s’attendait à une piste mais ce sera de l’asphalte jusqu’à Totora, une route pavée à la romaine jusqu’à Aiquile et ensuite pierres et poussière jusqu’à 50km de Sucre où nous retrouvons l’asphalte : pas mal !! Malgré tout nous faisons la route en 2 fois, on n’est pas des bourrins non plus, quoi !??

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A Sucre, on bivouaque dans un petit jardin clos pour 70 bol/jour : on a eau, électricité et surtout wifi pour tout remettre à jour sur le PC, site, mails, et tout, et tout …Mais cet espace clos et étroit ne nous convient pas trop même si Felicidad, la propriétaire, est tout à fait charmante.

 

 Le 18 Juillet 2012

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On passe quelques jours à Sucre. C’est une jolie ville coloniale très animée. On reste dans le petit jardin pour remettre le PC à jour : firefox, skype, racheter un disque dur externe parce que le notre à rendu l’âme et sauvegarder nos fichiers importants, nos photos …Une fois ça fait, on se balade dans le centre : le marché central est très beau : ici on retrouve beaucoup de fruits et légumes. D’ailleurs, dans un coin de ce marché il y a toute une rangée où des femmes préparent des jus de fruits frais et des salades de fruits avec yaourt et chantilly. C’est tout simplement délicieux ! Et c’est frais fait devant vous s’il vous plaît.

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A Sucre on se pose un peu ; on fait les choses tranquillement, on en a besoin après le vol de l’appareil photo, c’est comme ça on a un peu de mal à le digérer. Bon, il est vrai qu’il faut avoir les yeux partout ici : dans les marchés surtout, on est suivi par des gamins qui nous matent au maximum. Thierry a sorti de l’argent pour payer des fruits, une gamine derrière nous matait et on sentait que ce n’était pas que de la curiosité ou de la bienveillance. En même temps on trouve en Bolivie beaucoup de mendicité dans les rues. Ils sont assis par terre ou carrément à la porte des restos, on ne se souvient pas d’avoir vu cela ailleurs. Il faut bien avoir à l’esprit que la Bolivie est le pays le plus pauvre de l’Amérique du Sud. On fait attention de ne pas devenir parano et c’est compliqué. Mais on se force et on y arrive, enfin on va y arriver !

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 On part samedi matin pour Tarabuco et son marché dominical mais avant on s’arrête au Parque Cretacico.

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Briac voulait aller voir. Ce parc n’a rien d’extraordinaire et est tout petit. Sans le film, une ½ heure suffit à le visiter !! Mais on y a passé un bon moment à essayer de reconnaître les dinosaures érigés grandeur nature et à observer les traces de pattes sur le mur en face.

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Les traces étant bien sûr au sol au départ mais les mouvements de la Terre auraient soulevé cette partie devenue mur. On ne peut que les distinguer de loin et on essaie d’y croire !

 

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Arrivés à Tarabuco, on retrouve Nat et Jean déjà croisés à Sucre.  On s’installe près d’une ancienne gare désaffectée, une place bien tranquille. Nous semble-t-il, car le dimanche matin on se rend compte par le bruit qu’il y a de bonne heure, qu’en fait on se trouve sur la place du marché aux vaches ! Heureusement bien moins grand que celui d’Otavalo en Equateur ! On passe une soirée bien agréable en la compagnie de ces voyageurs français. Ils nous racontent leur pérégrinations. Ils sont sur les routes depuis bientôt 4 ans ! Comme nous ils trouvent qu’il y en a des français sur les routes d’Amérique du Sud !!

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Le marché s’avère être bien plus grand qu’on ne s’y attendait. Beaucoup d’artisanat et de touristes, bien sûr, mais aussi un beau marché alimentaire en contrebas : le village est pratiquement complètement envahi par les commerçants.

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On s’était fait abordé par un petit monsieur à Sucre en tenue de Tarabuco, tarabucueña, qui voulait nous vendre absolument ses babioles. Bien sûr, j’avais craqué face à lui et lui avais acheté une ceinture tissée ; eh bien ce petit bonhomme on le retrouve à Sucre, et il nous reconnaît (ce qui nous surprend) mais du coup il ne nous lâche plus ; tout comme le type à la guitare en corps de « kilkincho » ou quelque chose comme ça, enfin ça ressemble un peu à un tatou, qui vient même manger avec nous !... Briac a un coup de cœur pour la guitare, on négocie … on l’achète et le type nous laisse !

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Après toutes ces dépenses (il faut dire qu’on en profite parce qu’après l’artisanat est moins présent, alors on se lâche oui je sais encore …), on retourne à Sucre. Bien que n’étant pas ma ville préférée, j’ai préféré Cuenca en Equateur, c’est tranquille et c’est déjà bien.

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La surprise vient de Potosi. Certes, elle est classée au Patrimoine Mondial de l’Unesco mais on ne s’attendait pas à trouver une ville magnifique et pleine de vie, de la vraie vie, je veux dire, pas une vie de tourisme. A l’arrivée ça ne casse pas des briques mais on y ressent une atmosphère sympa. On se trouve un bivouac près d’une petite place tout près d’une garnison militaire. On devrait être bien gardé ! Juste le temps de faire demi-tour et qui on voit de l’autre côté de cette même place : Nat et Jean ! Décidemment on a le chic pour trouver les mêmes endroits !

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On est à plus de 4000 m et c’est la ville de plus de 100 000 habitants la plus haute du monde ! Le soir il fait froid ! Dans le centre s’enchaînent les églises, les maisons coloniales, les places et tout ceci sous la garde du Cerro Rico où se trouvent toutes les mines d’argent, d’où son nom : rico voulant dire riche.

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On a une sensation réelle de tranquillité, de douceur de vivre : les jeunes jouent au Babyfoot dans les rues, on mange des pâtisseries assis un peu partout …il fait beau et nous à la terrasse d’un café on se croirait presqu’en vacances !!!

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Potosi c’est aussi une tout autre réalité puisque ce sont les mines d’argent et les mineurs qui travaillent très dur comme au temps de Germinal. Il nous a fallu arriver à Potosi pour prendre la décision de visiter ou non ces mines. Le côté voyeur ne m’enchante pas mais on s’est décidé : on y va !

 

 Le 19 Juillet 2012


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Et voilà, on a visité ces fameuses mines d’argent et d’étain de Potosi. En bonne compagnie qui plus est puisque nous étions avec Nathalie et Jean. Mes craintes ont été vite balayées grâce à notre guide Melissa qui a su nous parler des difficultés et de la réalité de la vie dans les mines avec une grande simplicité. Nous avons tout d’abord revêtu les tenues obligatoires : pantalon, veste, casque (oh ! combien précieux et sans lequel nous nous serions retrouvés bien mal en point !!), bottes et loupiote.

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Ainsi « déguisés » nous sommes allés acheter des cadeaux pour les mineurs, comme le veut la tradition. On n’arrive pas dans une mine avec un bouquet de fleurs ou une bouteille de vin ; non, on arrive avec de la dynamite, des boissons, de l’alcool à 96° (non, je n’ai pas inversé les chiffres !) des feuilles de coca qu’ils mâcheront toute la journée.

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                         Dynamite !!                                                   feuilles de Coca !                                                 Gregorio le mineur

 

Pourquoi de tels présents ? Tout simplement pour leur faciliter la vie : ils ont besoin de la dynamite pour faire exploser les travées dans lesquelles ils ont repéré une « veine » de métal, les feuilles de coca, l’alcool et les boissons sont nécessaires car ils ne remontent pas à la surface de la journée. Ils restent dans cet air vicié de sulfate de cuivre, d’amiante qui recouvrent les parois durant 8, 9, 10 heures de suite. Seuls les employés retrouvent le soleil à chaque fois qu’ils sortent un chariot d’1 tonne de roches, mais payés au rendement ils ne s’attardent pas à l’extérieur. Il y a des étudiants qui viennent travailler dans les mines le soir pour se faire un peu d’argent ou payer leurs études.

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                             employés qui poussent les chariots                                                                on remonte les sacs de roches

 

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                                                       Amiante                                                                          orifices faits à la pioche pour la dynamite

D’après Melissa peu d’accidents dans cette concession, mais on imagine bien qu’avec tout ce qu’ils respirent comme saleté, ils ne font pas de vieux os. Pas d’installations modernes, de vulgaires échelles en bois et des cordes pour monter et descendre. On a emprunté quelques passages et Briac peut en témoigner ce n’est pas toujours simple ! Et nous on n’y a pas fait une journée de boulot ! Le contact avec les mineurs s’est fait très simplement et agréablement : pas de plainte, pas de lamentation, pas de moralisation non, juste un contact simple avec des questions et des réponses, même des blagues.

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                                   "el Tio",  le dieu des mineurs                                                        petit passage difficile

En fait, ils paraissent contents de voir des gens qui leur amènent de quoi faciliter leur dur travail. On a tellement hésité pour y aller et maintenant on est bien content de l’avoir vu sans être voyeur pour autant. Les guides exagèrent en qualifiant de « traumatisant » cette visite. Ce n’est pas Disney c’est sur mais c’est intéressant et fait avec beaucoup de décence et de retenue. On remercie l’agence Claudia pour cette visite comme on l’espérait.

 

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  Le 01 Août 2012

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La route de Potosi à Uyuni est toute asphaltée du début à la fin depuis peu. Bonne surprise, on n’est pas contre un peu de piste mais on sait qu’on va avoir notre compte d’ici quelques jours dans le Sud Lipez. Par contre, elle est un peu agaçante cette route : on s’arrête tous les 2 km quasiment pour prendre une photo ! On retrouve les cactus qu’on avaient un peu perdus de vue à ces altitudes, le sable et les dunes également. A presque 4000 m, les chutes d’eau gelées côtoient les dunes de sable sans souci …

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Heureusement, la route est belle avec des lagunes et la vue sur le Salar qui apparaît tout rose parce que la ville d’Uyuni, ben bof-bof !! Pas jolie, encore ça c’est une chose mais pas agréable du tout. J’ai voulu acheter du café, à la boutique on me dit « oui, il y en a c’est 10 bol –ok, je peux voir ? » Elle sort vaguement le paquet de café en me répétant le prix, oui j’avais compris merci « c’est possible d’acheter ? » Et là elle range son paquet de café !! J’ai bien senti qu’elle ne voulait pas le vendre son paquet de kawa. Les gens sont pas super souriants et puis beaucoup trop de touristes.

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On retrouve la famille Mourichon avec laquelle on n’avait échangé par mail, c’est drôle de se retrouver sans l’avoir prévu. Ils partent sur le sud Lipez avec d’autres, on passe quand même une soirée ensemble près du cimetière des trains de Uyuni. Nous, on file sur le Salar voir cette mer de sel blanche presque immaculée. On en profite pour faire des photos et monter un peu sur l’île Pescado pour admirer l’étendu du Salar. Et les couchers de soleil donnent des reflets orangés magnifiques.

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Et comme fait exprès, on se retrouve sur la route de Nat et Jean. Bien agréable surprise car on sait qu’on ne les reverra plus après puisqu’ils remontent vers le Pérou et plus encore. On passe de bons moments ensemble. Nous aussi à la suite d’autres familles, on se lance sur la piste du fameux Sud Lipez. Et là on va entendre un bon moment les mots de Jean qui nous a dit avant de partir –« si ça ne va pas n’hésitez pas à faire demi-tour » !

Ainsi donc voilà notre feuilleton : « le Sud Lipez vu par les 1000 bornes et quelques »

On part directement du Salar, seuls et non plus accompagnés par une autre famille comme prévu (ce qui nous va bien aussi), sans repasser par Uyuni comme prévu. Premier changement  au milieu du Salar quand un guide nous déconseille de prendre la route qu’on avait prévu par Bahia Mala Mala : la piste n’est pas nette et un peu d’eau pourrait nous être fatale par contre en passant par Chuvica pas de souci. C’est lui le pro et si on lui a demandé c’est pour l’écouter donc on l’écoute. Et on a raison, la piste est claire et on arrive assez vite à destination. La piste est bonne et Briac en profite pour s’essayer à la conduite ; il adooore ! Le but maintenant c’est San Agustin. On prend la piste pour San Juan dans un premier temps. Il y a là le salar de Chiguana à traverser. On voit des 4x4 de touristes arriver de 2 côtés différents, le doute nous envahit. Nous en arrêtons un qui vient face à nous : pour lui il vaut mieux prendre une autre route mais il n’est pas sûr, il préfère qu’on demande à quelqu’un d’autre (je parlais de pro, pas tous apparemment !). Un 2ème 4x4 arrive et lui nous assure que c’est très dangereux de passer par le Salar, il y a de l’eau et avec le poids on risque gros. Son raisonnement se tient, non ?? Bref, il nous conseille la route de Julaca – San Agustin. Ok, on écoute. Ahhhh làlàlàlàlà !!! Quelle erreur : la piste est mauvaise de chez mauvaise : les pierres et le sable se succèdent. On roule à 10cm d’un ravin en dérapant sur le sable ou en grimpant une pente courte mais pentue et bien empierrée qui empêche de prendre de l’élan. On a quelques sueurs froides. Enfin, le lendemain on arrive à 4km de San Agustin heureux d’être là en se disant qu’on va récupérer une meilleure piste. MAIS, c’est sans compter sur le sort qui s’acharne un peu : on s’enlise dans le sable, que dis-je le moteur est posé sur le sable et plus on veut en partir plus on se pose. Heureusement qu’on a une bonne garde au sol et qu’on a mis des pneus plus grands ……On passera 5 heures à s’en dépétrer. On aura essayer par nous-mêmes ; un pick-up se sera arrêter sans grande efficacité ; je serais allée au village chercher quelqu’un pour nous aider, pour revenir avec un couple bien sympa mais qui ne pourra lui non plus rien faire, le camion qu’il aura appelé pour nous aider ne viendra jamais ; et pour finir, ce sont des paysans qui reviennent du champs avec leur camion. Evidemment pour compliquer la chose, le camion s’enlise lui aussi. Donc il faut désenliser le camion pour nous désenliser par la suite, vous me suivez ? Après 1 heure ½, on sort du sable. Une petite bière, pour se récompenser plus tard, nous voilà sur la route de Villa Alota.

Vous croyez nos déboires terminés ? Que nenni ! La piste passe dans une rivière. On ne le croit pas et on file droit devant on ne sait où mais on y va. On se rend compte de notre erreur et voilà c’est reparti, on se replante dans le  sable. On ressort la pelle. Mais cette fois, on s’en sort tout seul comme des grands. On recule et …on se plante dans la rivière, évidemment j’ai envie de dire …Et alors là au bout de 20 mn on se voit bien dormir là parce que tout le monde nous annonce un camion qui tarde à venir. Enfin 45 mn plus tard, un 4x4 déboule avec à son bord une équipe de la DDE Bolivienne. Rebelote, 2 camions même vont arriver d’ici 15mn !! tu parles 40 mn s’écoulent avant qu’on aperçoive le nez d’un camion. Bon ils ont été super sympa, il y a même un des gars qui a attendu avec nous. Une chance sinon, on se serait demandé si ce camion de chantier allait venir un jour. Ils nous sortent de là après 2 tentatives : le premier camion n’était pas assez costaud pour nous sortir. A 18h38, on reprend notre route après avoir remercier l’équipe entière qui s’est mis au boulot. Il fait nuit et nous ne ferons que quelques bornes (gardons un bon esprit !) avant de nous arrêter au milieu de nulle part : nous sommes crevés mais pas nos pneus, pour une fois …

Réveil 7h30. On prépare le petit déj’ quand une voiture arrive en klaxonnant !! Ce sont nos sauveurs de la veille, qui nous voyant stationnés, se demandent si tout va bien et viennent aux nouvelles. Super sympa je vous dit, on en reste un peu sur le c.. ! Ils nous réexpliquent la route et on part ¾ h après. Allez c’est reparti, nouvelle journée et nouvelle …merde !!! Encore une rivière à passer avec une pente un peu raide et surtout avec des pierres grosses comme des pastèques. Si je vous dit qu’on n’a pas réussi à monter mais qu’en plus en reculant on s’est retanqué dans la rivière, vous me croyez parce que c’est la stricte vérité. Et qui une fois plus vient nous sauver : l’agriculteur de la veille et la DDE de la veille qui ni l’un ni l’autre n’en croient leurs yeux . Nous non plus d’ailleurs ! La machine de chantier arrive au bout de 10mn et … mais oui s’embourbe elle-aussi. A nouveau, on doit désembourber la machine pour nous désembourber nous-mêmes !! 2 heures nous auront suffit pour nous sortir de là, facile non ! Tout le monde s’y est mis, on pense au papy qui nous a subit 2 fois de suite … Voilà cette fois on repart et c’est la bonne plus d’ennui. On est juste épuisé et stressé quant à la suite de la piste jusqu’à la lagune Colorada. Mais non ça se passera mieux mais la piste est malgré tout assez « dégueulasse ». 2 points positifs, on n’a rien cassé de grave, juste le pare-choc arrière qui est tombé (du coup on l’a enlevé) et la plaque d‘immat qui s’est fait la malle au passage du gué de Villa Mar dernière ville avant la réserve Eduardo Avaroa, et les flamands roses qu’on a pu voir à la lagune Turuncha an allant vers San Agustin. Néanmoins, on reste tendu, et pourtant la piste est meilleure. Mais alors me direz-vous est-ce que cela en vaut la peine ? Je vous laisse juge …

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Après une semaine passée dans les déserts de sel et de pierres, il est temps pour nous de passer la frontière pour aller vers San Pedro de Atacama au Chili. D’abord, la douane la plus haute du monde : 5020m et son terrain de foot ! J’invite nos joueurs français, payés des millions, à venir affronter l’équipe de l’usine dans laquelle se trouve ce terrain ; Ils se feraient ratatiner !!!  Ensuite, 80km plus loin, le poste de migration. Nous appréhendions ce poste mais tout s’est bien passé : nous n’avons rien payé pour la sortie, prétextant avoir déjà payé à l’entrée.

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Commentaires (5)

1. espacla 10/09/2012

Super bravo pour ce franchissement, avec votre véhicule traction c'est un sacré exploit! Nous n'avions pas osé en 2006 lors de notre tour et c'est une de nos regrets.

2. une autre 08/08/2012

Quel périple

Nous aussi on devait partir avec " une autre ", mais tu connais le dicton, vaut mieux être seul que mal accompagné!!
Bonne continuation et bonne route a vous

3. stan 07/08/2012

vos derniers commentaires nous ont fait penser a une petite phrase lue la semaine derniere !
"ils ne savaient pas que s´etaient impossible alors ils l´on fait !"
bisous..

4. Regine et Hubert Aguilar 11/07/2012

Un petit coucou de La Paz ou nous trainons en attente d'une assurance pour le reste du voyage
Bisous et caresse à leyva

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