Journal de bord du Mexique

 

 

Le 06 Octobre 2011

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Alors cette frontière tant décriée, tant redoutée s’est passée pour nous de façon idyllique : San Ysidro, panneau de non-retour possible aux USA .Ça tombe bien on ne veut pas y retourner … On arrive au check-point et après une fouille rapide, pendant laquelle la douanière a ouvert tous les placards, on sort ou plutôt on entre au Mexique et voilà le tour est joué ! Pas de contrôle de date de sortie sur nos passeports côté américain ! Autant de précaution à l’entrée pour ne rien avoir à la sortie, quel intérêt ! Le fameux papier vert sur nos passeports est toujours là ! On aurait pu rester 6 mois aux USA ? Quand je pense que la veille on a couru pour trouver une assurance pour le Mexique ! Parce que ça n’a pas été simple de la trouver, personne ne peut ou ne veut assurer un véhicule français, sauf au minimum pour 150 US$ environ, ce qui ne sert à rien.  Bon, on a trouvé, bien sûr on trouve toujours, pour 658 US$ pour un an chez IGIB  International Gateway Insurance Brokers, Inc. 3450 Bonita Road à Chula Vista pour ceux que ça intéresse. Voilà on aurait aussi pu prendre le temps d’aller  au Séquoia Park et au Joshua Tree, mais non, il fallait qu’on sorte, soi-disant !

Bref ………………….. ! Nous sommes au Mexique et c’est ça qui compte, reste à trouver où payer le permis d’importation temporaire et nos cartes de touristes. Et là encore, rien, on a même pas un coup de tampon sur nos passeports et après 2 check-point de douanes (un à San Ysidro et l’autre à 50 km de Puerto Peñasco) et 2 check-point militaires dont un avec fouille (vous calculez bien, Peskebrel a été regarder de fond en comble 2 fois en 3 jours ) pas une personne n’a pu nous dire avec précision où trouver ces fameux papiers, tout ce qu’on sait c’est que nous sommes dans une zone libre et que là on n’en a pas besoin mais que si on veut descendre vers le sud, il sera nécessaire. Alors on descend vers le sud …Reste que toutes ces fouilles et ces rencontres avec les autorités se sont toujours super bien passées, nous sommes tombés sur des gens charmants, blagueurs et qui ont bien rigolé quand il a fallu que nous articulions 2 mots en Espagnol ! Autant notre anglais n’était pas terrible (au début !!) autant notre espagnol est…, comment dirais-je ?... inexistant ! Aucun de nous que ce soit Thierry ou moi ne l’ayant appris à l’école. Mais on s’en sort, que croyez-vous ? Déjà, 2 bivouacs trouvés chez l’habitant ! Mais oui, ça vous en bouche un coin, non ?! Allez, je vous avoue tout, on a une technique qui fait ses preuves : on arrive dans un village, on trouve une route avec du sable, on la prend et on s’ensable !! Alors, il y a toujours un villageois à qui on fait pitié et qui vient nous aider. Bien sûr, on cause, enfin on essaie, et de fil en aiguille on lui demande si, par hasard, il ne connaitrait pas une place sympa pour dormir et il nous propose de venir chez lui !! Malin, non ! En vérité, évidemment, on ne fait pas exprès mais ça marche quand même.

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                     Golfo de Santa Clara Puerto Peñasco Puerto Lobos

C’est de cette façon que nous avons trouvé un bivouac à Golfo de Santa Clara et à Puerto Lobos. Dans ce petit village de pêcheurs, nous avons été accueillis à bras ouvert. Les gens se demandent bien ce qu’on est venu faire ici dans un endroit où il n’y a pas d’eau, pas d’électricité. Nous n’avons besoin de rien et cela les rassure. Nous sommes invités à rester chez Ernesto qui vit avec sa femme et sa fille, Fernanda -Brisa. Elles doivent bientôt le quitter pour rejoindre la sœur de Fernanda  aux USA d’une façon pas forcément très correcte et cela les inquiète, mais à Puerto Lobos il n’y a rien pour l’avenir des enfants. C’est un choix difficile à faire, mais c’est aussi la vie des mexicains. On nous a fortement déconseillé de rouler la nuit au Mexique et plus particulièrement dans les états du Sinaloa, Michoacan, Leon, Guerrero et Vera Cruz. Sinaloa étant le principal fournisseur de Majijuana pour les narcotrafiquants. Ce n’est pas gai tout ça mais c’est, là encore la réalité de ce que vivent les mexicains. Mais dans ce village, nous sommes bien loin de ces prérogatives et l’heure est à la pêche avec Anjel et Francisco.

 

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Nous partons à bord de leur bateau et ramenons de quoi manger le midi ! Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas pêché comme ça. Donc au déjeuner c’était « cochito » et demain ce sera « ojora », sans compter les énormes clams qu’Ernesto nous a apporté avec la recette qui va bien : tomates, concombres, clams et la sauce qui va bien la clamato (à base de tomates et de je ne sais pas trop quoi d’autre mais c’est très bon et c’est le principal).

 

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C’est avec un peu de tristesse que nous avons quitté nos nouveaux amis, surtout que nous nous sommes retrouvés à Hermosillo dormant sur le parking d’une station Pemex (nouveau sponsor officiel de nos nuits ? J’espère que non, mais on verra … !) et ce 2 nuits de suite. Seule bonne nouvelle, nous avons enfin nos cartes de touristes que nous avons réussi à avoir à l’aéroport au service de l’immigration. Il se trouve que cette carte est obligatoire pour l’obtention du permis mais quand nous sommes arrivés à ce fameux service à Empalme (environ 120 km d’Hermosillo) personne ne pouvait délivrer la dite carte !!!!!!!!!!!!!!!! Elle aurait dû nous être délivrée au passage de la douane à San Ysidro. Peut-être sommes-nous naïfs ou un peu idiots, je ne sais pas, mais toujours est-il que, malgré toutes nos questions à tous les différents interlocuteurs du gouvernement que nous avons eu affaire (nous avons passé 2 contrôles de douanes auxquelles nous avons bien précisé que nous traversions tout le Mexique, 3 check-point militaires et 2 contrôles de police, tout cela en 1 semaine quand même !) à aucun moment quelqu’un ne s’est inquiété de ne voir aucune carte sur nos passeports. Bref, à la prochaine frontière nous serons plus exigeants !  Heureusement que l’officier de l’immigration de l’aéroport a fait une exception qui nous a évité de retourner 300 km plus haut à Nogales, frontière réputée pour ses incessants passage de drogue !

Ça, c’est fait. Il est vrai aussi que je n’étais pas tranquille sans ces papiers. Bon, petit passage éclair à San Carlos, station balnéaire américaine ou Walmart et MacDo se côtoie sans vergogne, peu de places au mexicain, car même certaine boutique affiche « american staff » (équipe américaine) ! Nous avons passé la frontière et on a l’impression d’y être retournés, bof ; c’est pas notre truc, on ne reste pas et pourtant le site est très joli. Nous sommes venus, nous avons vu mais nous n’avons pas vaincu et ne nous sentions pas très à l’aise. Dans ces cas- là, on n’insiste pas trop et si on peut faire autrement et ailleurs nous le faisons. C’est comme ça que nous nous sommes retrouvés à passer la nuit au bord de la plage Esperanza, près de Bahia Lobos (tiens, encore !),après avoir traversé une saline sur les 5 ou 6 km de piste qui nous emmène sur cette fameuse plage .Une vue magnifique sur les dunes et la mer, un coucher de soleil à couper le souffle. On a encore pu s’amuser à chercher les constellations, les étoiles et on en trouve ! Cassiopée, Scorpius, Antares, Vega … et bien d’autres. Briac adore, et nous aussi. Il faut juste dire une chose sur le Mexique, c’est très sale ! Que de détritus sur la route, dans les villages, sur les plages … partout, partout des immondices, des animaux morts (que de chiens sur le bord des routes, ou au milieu de la route et depuis un moment …). En aucun cas, nous ne les blâmons, nous n’avons vu des camions de ramassages d’ordures qu’à Hermosillo. Je ne sais pas comment se passe le traitement ici et mon espagnol est vraiment trop minable (frustration !) pour que je puisse poser la question et en plus c’est aussi un peu gênant. J’aurais pu avec Ernesto qui parlait anglais, mais je n’ai pas osé trouvant cela un peu déplacé. Ce que nous pouvons malgré tout dire, c’est que,  quel que soit l’endroit où cela peut se trouver ou atterrir, cela reste, vole et s’envole vers d’autres cieux … le résultat est alarmant pour nous qui ne jetons jamais rien ailleurs que dans une poubelle, mais quand elles sont pleines et que personne ne vient les ramasser : que faire ?........

Nous continuons de descendre et bivouaquons, autant que possible, en bord de plage. Il est un peu difficile de trouver des places dans les villages. On y arrive parfois mais cela n’est pas très évident. Nouveau pays signifie nouvelle réorganisation pour l’approvisionnement en eau, en gaz, en carburant, les courses. Là, on est plutôt content car pour l’instant ça se passe bien : on utilise les stations Pemex pour le Diesel, qu’on trouve facilement, et pour l’eau. On vidange aussi dans leurs toilettes publiques ! Le propane se trouve également très facilement dans les villes de taille moyenne, et les courses sont plus faciles à faire ici qu’aux USA et on trouve leurs produits meilleurs (pas de gélatine dans les yaourts, par exemple !). Nous avions un peu de difficultés à trouver du lait UHT aux USA alors qu’ici il y en a des rayons presque entiers ! Sans compter que les prix sont intéressants pour nous alors que nous sommes dans la partie la plus chère. Nous sommes encore bien près de la frontière américaine et le Sonora nous apparaît comme le lieu de villégiatures de ces américains qui viennent passé leur hiver au soleil ! D’ailleurs les bodegas Aurerra sont une filiale des Walmart ! Nous n’y allons pas, on a eu notre compte !

 

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Petite mésaventure mais grosse frayeur quand même quand nous avons trouvé ce bivouac sur la plage à Huatabampito. Pendant une de nos nombreuses baignades dans l’eau chaude du Pacifique (qui n’était pas chaud en Californie !), Briac a malencontreusement posé le pied sur une raie et s’est fait piqué ; ça pissait le sang par la plaie alors bien ouverte !!! Un peu de panique ! Heureusement nous sommes à côté d’un resto dont les proprio nous ont donné l’adresse d’un médecin à 2 km de là. Briac ne se sentait pas très bien. Ernesto nous avait raconté que lui s’était fait piqué par une raie et que cela lui avait provoqué de très fortes douleurs pendant presque une journée, donc quand, au resto, ils nous ont confirmé que c’était bien une raie, on a un peu peur. Mais on a été rassuré ( !) quand ils nous ont dit que c’était une petite raie, arrivée un peu tôt dans les parages pour la saison, car si cela avait été une plus grande le dard aurait traversé le pied !! OUFFFFFFFF ! Ça veut dire qu’on est chanceux ?! Le médecin a tout bien nettoyé après avoir anesthésier grâce à 3 piqûres et on est reparti avec les médocs pour une semaine. Briac a été très courageux car les piqûres lui ont fait très mal et moi j’ai failli en tourner de l’œil !! Au Mexique, les médecins sont rémunérés par l’Etat, ils font partis du service publique. Vous repartez sans payer, mais il accepte les ”pourboires” que nous lui avons donné avec grand plaisir, tant nous étions soulagé. Autre soulagement : Briac ne ressent aucune douleur seul le fait de ne plus pouvoir se baigner pendant quelques temps l’ennuie mais de tout façon nous allons rouler sans arrêts pour passer le Sinaloa (Ernesto nous a un peu foutu la trouille !). 

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Le 18 Octobre 2011

Nous avons quitté le désert d’Altar et ses dunes de sables qui plongent dans la mer : un contraste surprenant et magnifique. Nous avons traversé le Sinaloa trop vite à notre goût et avons dû rater pas mal de choses. Mais la sagesse nous fait écouter les gens du coin. Ils vivent ici et savent mieux que nous ce qu’il s’y passe. Toujours est-il que nous avons quand même pu vérifier le changement de paysage au fur et à mesure des kilomètres : la verdure apparaît en même temps que les fleurs et les champs cultivés. Du coup, l’environnement paraît moins débordant de détritus. Ils sont pourtant bien là, cachés, dans cette nouvelle flore.

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Nous avions décidé, sur  les conseils d’Ernesto de prendre l’autoroute payante, ce qui m’amène à vouloir faire un point sur l’état des routes mexicaines. On nous avait dit « oh lala, vous allez voir les routes mexicaines ! Une catastrophe ! Que de la piste, que des trous ! ». Eh bien venant de France, effectivement, nous serions un peu secoués, mais, venant des USA et du Canada, nous les trouvons très convenables ces routes ! Evidemment les moins fréquentées sont plus chaotiques que les autres mais nous y retrouvons un niveau de route équivalent à certaines Interstates américaines. Il n’y a qu’une chose sur laquelle tout le monde est d’accord : les TOPES (topesssss) qui sont des ralentisseurs pas forcément très grands mais costauds. Ils vous obligent à traverser les villages au pas. Ce qui est bien pour la sécurité car étant donnée la conduite aléatoire des mexicains c’est plus prudent ! Par contre ils ne sont pas signalés systématiquement il faut donc avoir l’œil et le bon. Nous ne sommes pas trop de 2 à les épier ; quand vous ne les voyez pas, vous faites un sacré bond sur votre siège ! Pour l’instant on gère plutôt pas mal.

Je comprends pourquoi on nous déconseillait de conduire de nuit. Ce n’était pas pour  les dangers que représentent les  différents trafics qui peuvent avoir lieu dans ce pays et dont nous n’avons rien vu à part la présence importante de l’armée et de la police.  En fait, le plus dangereux c’est qu’ici  tout le monde fait un peu ce qu’il veut sur la route : les vélos roulent dans tous les sens, les voitures ne connaissent pas le contrôle technique, pas toujours facile de définir les voies de circulation et en ce qui concerne le code de la route je ne suis pas sûr qu’il existe ou alors chacun l’interprète à sa façon, sans compter tous les vendeurs ambulants qui s’installent où ils peuvent. Du coup, c’est assez, comment dire ?, Folklorique me semble être le mot qui convient !!!!

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Passage à Acaponeta, jolie ville, avant de rejoindre Playas Novillero, la plage aux 7 vagues selon un habitué, où nous trouvons à squatter sur un parking de resto sur la plage. La mer arrive à nos pieds, non à nos roues ! Ce qui nous oblige à attendre le bon moment pour partir sinon on s’enlise (encore !!) On reste là 2 jours et on profite tranquillement du moment dans l’ambiance d’un dimanche à la plage au Mexique. Tout le monde vient en famille manger et passer la journée : musique et noix de cocos au rendez-vous, un bel endroit qu’on conseille vraiment. Nous avons par contre dû faire le plein de gaz et comme on nous avait prévenus chaque pays a ses raccords. Nous devons dons faire l’acquisition d’une nouvelle tête pour notre bouteille canadienne si on veut la remplir. On va revenir avec un stock, je ne vous dit pas ! On se décide à descendre vers Puerto Vallarta par la côte et nous nous arrêtons à Santiago Ixcuintla dans une Pemex familiale où nous avons pu entraîner notre Espagnol. Une ville qui nous a vraiment plu, très jolie, les gens y sont très accueillants. Nous profitons de cet arrêt pour emmener Briac chez le coiffeur. Il ressort rassuré et bien coiffé. Il est même content car maintenant il fait moins blond et est moins regardé par les gens que sa blondeur et ses yeux verts amusent et séduisent : toutes les filles le trouvent « mignon » ! çà l’intimide. Et tout ça pour 35 pesos ! (environ 2 €). De même les laveries ne sont plus automatiques on récupère notre linge lavé, séché et repassé pour 80 pesos (environ 4€), 6 mois que mon linge n’était plus repassé !

le coiffeur de Briac

Et puis voilà que patatras, encore un pépin sur le camping-car, cette fois c’est le frigo ! Il est vrai que nous n’avons que 40-45°C le jour et 28°C la nuit. Nous avons appelé Ouest Caravaning qui par téléphone nous a annoncé que c’était la carte électronique qui était morte. Il va nous l’envoyer avec les lanterneaux si on ne met pas trop de temps à les recevoir. Ça a l’air de vouloir se décanter de ce côté ; pourvu que ça dure. La seule ” bonne nouvelle ” c’est que la garantie fonctionne. Mais voilà ça commence à faire beaucoup et je repense à tous ceux qui nous disaient qu’on partait en vacances et qu’on était pénard ! Si jamais il y a quelqu’un qui s’amuse au vaudou sur nos têtes, il est temps d’arrêter, c’est bon, ce n’est plus drôle ! On essaye toujours de se dire qu’on est au Mexique et que malgré tout on a de la chance, le cœur n’y est plus tellement, parce que je ne raconte pas tout, complètement tout, ce serait beaucoup trop long et ennuyant. Alors on se concentre sur les paysages et sur les gens super gentils que nous rencontrons comme ce petit monsieur à Puerto Vallarta, à qui on a demandé si on pouvait se garer au bout de sa rue sans issue et qui nous a accueilli chez lui et donné un pot de cactus cuisinés. Voilà, ça, ça réchauffe le cœur et tous les jours les mexicains nous démontrent leur gentillesse et leur chaleur. Un sourire, un petit mot sympa, toujours quelque chose  pour nous venir en aide.

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Nous allons donc vers Melaque rejoindre ce qui va être notre lieu de villégiature le temps de recevoir nos pièces. Nous avons eu l’adresse d’un camping par Gisèle et Yvon, un couple québécois rencontré à San Francisco et avec lequel nous sommes toujours en contact.  On espère trouver ce camping parce que l’ouragan auquel nous avons échappé à Santiago a fait des ravages entre Puerto Vallarta et Manzanillo, et particulièrement à Melaque. Nous voyons d’ailleurs les dégâts le long de la route : arbres arrachés, bananiers sens dessus dessous et en bord de plage la mer est encore déchaînée. La ville de Cihuatlan a été particulièrement touchée et nous la traversons un peu embarassé avec le sentiment de ne pas être trop à notre place. Pourtant les habitants sont là qui nous saluent et sourient, alors qu’ils sont les pieds dans la boue, leurs meubles irrécupérables sur le trottoir. Une grande leçon pour nous. essayons dons de relativiser et la famille " Koalas" que nous avons rencontrer nous y aide de leur présence et de leur expérience du voyage. Ils sont partis 2 ans avec pour but l’Australie, 6 mois aux USA et 1 an au Chili. Nous apprenons beaucoup avec eux et cela nous fait du bien de les entendre nous raconter leurs aventures. Nous sommes vraiment chanceux de les avoir rencontré. Par contre, lorsque nous arrivons à Melaque, où nous les avons retrouvés, l’ouragan a effectivement fait des ravages qui nous obligent  à continuer un peu notre route. Nous n’avons donc plus d’adresse pour nos pièces et nous en recherchons une via les Alliances Françaises du pays. Si quelqu’un peut nous aider, nous acceptons volontiers toute proposition !  Clin d’œil

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 Le 02 Novembre 2011

Nous continuons un bout de route avec Sabine, Patrice et leurs 4 enfants. Nous irons probablement  ensemble jusqu’à Oaxaca. C’est là que nous devrions recevoir la carte du frigo par le biais de la poste restante : un peu d’angoisse pour la réception mais on verra bien c’est la seule solution que nous ayons trouvé dans l’urgence. En attendant, on achète de la glace et le frigo devient glacière ! Ça le fait, évidemment, mais ce n’est pas la panacée.

Nous profitons de la route qui nous offre un paysage magnifique de montagne avec des villages un peu typique bien loin des villes touristiques du bord de mer. Des villages dans lesquels nous trouvons une certaine douceur de vivre, où les animaux côtoient les hommes en toute quiétude : le cheval et l’âne ont, ici, encore une belle place. Les vaches et les chèvres circulent librement sur les routes.

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Et pour une fois nous sommes à la bonne saison ! Nous nous trouvons au bon au bon moment. Le mois d’Octobre est le mois pendant lequel les tortues viennent pondre leurs œufs sur les plages. Lors d’un arrêt, nous voyons les tortues dans l’eau, nager dans les fortes vagues sans se faire déstabiliser, elles. Et puis plus loin, alors que nous cherchons un endroit pour la nuit à Playa Azul, nous arrivons sur une plage où se trouve un petit conservatoire des œufs de tortue. Une famille s’occupe de ramasser les œufs à peine pondus sur la plage pour leur permettre d’éclore sans risque ; il existe tant de prédateurs pour eux. Nous voyons donc les œufs, très souples, voire un peu mous, et les petites tortues qui sortent des nids : trop mignonnes ces petites bêtes ! La carapace est encore un peu molle mais moins que ce que l’on croyait et elles ont une énergie débordantes, pressées qu’elles sont de trouver l’eau. C’est le lendemain matin que nous les mettons à l’eau et c’était émouvant de voir ces petites créatures se précipiter dans l’eau. Briac en a aidé quelques- unes qui étaient plus fatiguées que les autres à rejoindre la mer salvatrice. Nous espérons qu’elles n’auront pas rencontré trop de danger sur leur route. A 5 mn de là, d’après un pêcheur avec lequel Patrice discute, se trouve une espèce de petite mangrove dans laquelle il y a des caïmans. Nous y allons dans l’espoir d’en apercevoir un et nous ne sommes pas déçus car ce sont 6 ou 7 animaux que nous voyons à la surface de l’eau, nous épiant en attendant que l’un d’entre nous tombe dans l’eau, sans doute ! Très impressionnant ! Il règne un grand  calme autour d’eux. Petite déception, nous n’aurons pas vu la ponte des œufs sur la plage. On ne peut pas tout voir et en même temps nous ne les aurons pas dérangés.

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De retour sur la route nous nous dirigeons vers les villes coloniales de Patzcuaro et Morelia. Cette dernière est classée au Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Voilà des villes magnifiques ! Et même Santa Clara del Cobre qui se trouve avant Patzcuaro est superbe dans son uniformité : tout le monde a la même devanture, les mêmes couleurs et la même calligraphie. Du coup, les boutiques passent inaperçues. Les églises et l’architecture de ces villes nous ramènent en Espagne et surtout en Andalousie, l’influence hispanique est très forte évidemment.

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Une autre ville nous attend : Taxco ! Là c’est tout un poème. Pas la ville mais la route pour y aller ! Je crois que nous avons écumé toutes les entrées de route possibles. D’après la carte, il existe 3 routes pour y aller de bonne qualité, mais une fois sur place nous déchantons : c’est de la pure piste avec cailloux, terre, poussière. Sans compter que la 1ère piste que nous prenons  est située entre la roche et le ravin ! Patrice est obligé de faire plusieurs manœuvres pour passer certains virages, nous sommes un peu inquiets. Et cerise sur le gâteau, nous avons la joie de croiser un camion sur cette piste parfois juste assez large pour un seul véhicule. Pourtant, c’est la bonne route ! Nous demandons à différentes personnes ; cela nous paraît tellement bizarre qu’à chaque personne croisée nous posons la question ; cela nous paraît tellement bizarre que nous pensons qu’on se moque un peu de nous ! Mais non, c’est bien La route. Deuxième tentative et nous arrivons sur une autre piste ! Un automobiliste nous annonce qu’il a pris cette ‘route’ il y 3 jours et qu’elle est vraiment mauvaise. Nous faisons demi-tour. Nous repassons pour la 4ème fois dans le même village, je pense que c’est à ce moment- là qu’ils ont bien ri ! Nous repartons d’où nous sommes venus, nous bivouaquons le soir à quelques km seulement de notre bivouac de la veille !!

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Victoire ! La ville de Taxco existe bien et les tours et détours faits la veille ne nous y auront pas amenés mais nous l’avons trouvée et quelle ville magnifique, faite de ruelles sur des pentes très ardues. Nous montons vers l’Eglise de La Guadalupe qui offre une vue superbe sur toute la ville. Nous redescendons dans cette ville coloniale qui s’organise autour d’une église stupéfiante d’architecture et de décor intérieur baroque, on ne peut pas faire plus baroque ! Tellement, que cela en est un peu étouffant, par contre on ne peut qu’admirer le travail de toutes ces sculptures ciselées et de l’orgue ! Le soir nous tentons de trouver un endroit et nous arrivons sur le parking d’un zoo. Un gardien arrive et nous dit que cela ne lui plaît pas beaucoup de nous voir la route pour des raisons de sécurité. Après un coup de fil donné, on suppose à son chef, il nous ouvre les portes du zoo pour que nous puissions nous installer pour la nuit en toute sécurité ; pas mal, non !

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Au Mexique, la religion chrétienne a une place très importante et est extrêmement présente : pas un village sans son église, aussi petit soit-il. Des sanctuaires et des lieux de prière de toutes tailles jalonnent les routes, toutes les routes : des autoroutes ou pistes …

Les jours avancent et nous sommes toujours avec la petite famille Koala, nous prenons plaisir à être ensemble. Nous aimons voir les mêmes choses et voyageons avec les mêmes envies. Cela s’avère encore lors de notre séjour qui commence à Oaxaca  avec la visite de la ville et du site maya de Monte Alban. Leçon d’histoire et d’architecture pour tout le monde en vrai cette fois pas dans les livres ! Une autre façon d’apprendre.

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Des nouvelles de notre carte de frigo ? Oui ! Au 31/10/2011 elle est à la douane française en vue de son dédouanement. L’envoi a été fait en colissimo, ce qui nous permet de le suivre, en voilà une idée qui est bonne ! Merci

 

 Le 10 Novembre 2011

Ca y est enfin nous en avons fini avec les « petites » choses qui nous pourrissaient la vie ! la carte électronique du frigo est arrivée dans les temps à la poste centrale de la ville de Oaxaca et nous avons réparer les lanterneaux puisque notre concessionnaire nous pose quelques problèmes pour nous les envoyer à ses frais  (ce qui pourtant était faisable pour les coussins de suspension au Canada, rappelez-vous, mais qu’ils ont refusé de faire au bout du compte puisqu’on avait réussi à les réparer !!!!!!!......Allez comprendre !). Le temps que cela arrive nous avons pu visiter le site archéologique de Monte Alban, une fabrique de Mezcal, une fabrique de tapis de laine et colorants naturels ! On n’a pas perdu de temps.

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Bien ça c’est fait ! Nous sommes donc restés quelques jours dans un petit village du nom de Santiago Ixtaltepec avec Patrice et Sabine qui avaient eu aussi quelques réparations à effectuer sur leur véhicule.

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Nous sommes très bien tombés dans ce village ; il est habité par des gens d’une grande gentillesse et d’une grande serviabilité. Mentions tout à fait spéciales à Juan, un tout petit monsieur avec un sourire incroyable qui venait nous faire découvrir et nous expliquer un peu ses traditions, à Emilia, la « pharmacienne » du coin qui prépare ses potions à base de fruits et légumes et avec qui nous avons passé une partie de la fête des morts le Mardi soir 02 Novembre et à Carlos et Olga qui nous a reçu chez lui à déjeuner (avec des criquets grillés en guise d’amuse-gueule ! imaginez nos têtes, Thierry a bien aimé mais Briac et moi, pas du tout…) et avec qui nous avons beaucoup parlé de son pays, politique surtout et sécurité mais tout ceci est un peu lié …. C’est donc là que nous avons passé le 1er et le 02 Novembre, 2 fêtes très importantes dans ces pays d’Amérique latine. Légère déception puisque nous pensions, idéalement, voir des processions, de la musique traditionnelle etc … Eh bien non, une fête le soir du 1er qui n’avait pas grand-chose de traditionnelle. Heureusement le lendemain soir c’était la veillée au cimetière qui s’était habillé de rouge et d’orange tellement les fleurs étaient nombreuses. Le village se rassemble autour de ses tombes avec de quoi manger (pour eux et leurs morts), de quoi boire, de la musique, des encens et surtout beaucoup de choses à se raconter, le tout dans une ambiance gaie et chaleureuse qui peut durer jusqu’à 4h du matin. Voilà, ça pour nous c’est traditionnel et on devrait en prendre de la graine plutôt que de pleurer toujours sur nos morts. Nous en avons profité pour apprendre quelques mots de zapotèque avec la famille d’Emilia mais franchement je suis bien incapable de m’en souvenir !

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C’est  quelques jours après que le temps des au-revoir avec nos «  amis de galère » est arrivé. Nous avons chacun repris notre route eux vers le Guatemala et nous vers le nord du Mexique et le Belize. Après 3 semaines à voyager ensemble, on s’était habitué aux « bonjour voisin » et puis on s’est bien entendu, bien entraidé et nous espérons vivement les revoir et refaire un bout de route avec eux. Sabine, Patrice et les enfants merci pour ces moments passés avec vous.

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Nous remontons donc et décidons d’une route sur la carte. Quelle erreur !! On s’est retrouvé dans un traquenard tendu par la nature ! La route qualifiée de secondaire sur la carte du Mexique s’avère être une piste abrupte, sinueuse et pierreuse. On en a d’ailleurs profité pour crever un pneu, juste pour ne pas perdre l’habitude des petites galères. Bref, demi-tour obligatoire dans le brouillard car on était à presque 3000 m d’altitude sur, malgré tout, une magnifique route de montagne. Retour à la case départ, c’est-à-dire Oaxaca pour faire réparer, seulement, le pneu et en route pour le Yucatan (on espère …). Ainsi, nous avons appris que le classement des routes ici ne se fait pas par la qualité de la route mais par la fréquentation. Ici, rien ne les arrête, ils roulent vite sur n’importe quel revêtement routier, nous non !

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Nous sommes descendus de nos montagnes. Nous avons laissé les routes sinueuses et la fraîcheur pour nous retrouver dans la chaleur. Adieu les nuits où nous avions eu jusqu’à presque -2°C, bonjour les nuits à 26°C ! On est, décidément, jamais content.

 

 Le 18 Novembre 2011

Nous traversons le Vera Cruz et le Tabasco un peu rapidement. 2 raisons à cela : une jolie tempête de vent et de pluie ne nous incite pas vraiment à nous arrêter et on ne se sent pas spécialement bien dans ces 2 états. D’ailleurs, c’est dans le Tabasco que nous avons notre premier sentiment d’arnaque. On s’est trouvé un bivouac en bord de plage, malgré la tempête ( en même temps nous sommes bretons ce n’est pas un peu de vent et d’ »embruns » qui vont nous arrêter, non mais !!). Le lendemain matin, un jeune homme frappe à notre porte et nous demande 60 pesos parce que, soi-disant, cet emplacement est à louer, alors que ce n’est qu’un parking pour la plage. Il nous explique que c’est surveillé, on n’a vu personne !, et que donc on doit payer. Il faut dire qu’on a quand même progressé en Espagnol et que donc on proteste un peu. Ils sont plusieurs avec lui, on ne fait pas trop les malins et on accepte de lui donner 20 pesos. Cela revient à peu près à 1€, ce n’est pas le prix bien sûr mais le principe qui veut qu’on vienne taxer les touristes. Je comprends qu’il le fasse, mais je n’aime pas ça ! En partant, il nous a semblé voir une attitude d’intimidation de l’un de ces compères, on est parti et on a changé d’Etat. Il faut aussi dire que plus on approche du Yucatan et plus la présence américaine se fait sentir. Toutes les grandes enseignes sont là : Wal-Mart (!!), Sears, Burger King et l’incontournable MacDo.

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Campeche et Merida n’échappent donc pas à la règle mais sont, malgré tout, des villes très agréables dans lesquels il y a beaucoup de français, touristes et voyageurs. Nous avons d’ailleurs fait la connaissance d’une petite bande de 5 amis qui se baladent par là. Nous aurons peut-être la chance de les revoir un peu plus loin au Belize ou au Guatemala, voire plus loin en ce qui concerne Jérôme qui comme nous descend vers le Sud. Une jolie rencontre qui nous a conseillé d’aller faire un tour aux 3 cenotes de Cuzama. Ce que nous avons fait et nous ne le regrettons pas. Les cenotes sont d’énormes grottes souterraines dans lesquelles il y a de l’eau toute transparente avec des profondeurs d’une vingtaine de mètres. Cela auraient été les réserves d’eau potable des mayas ! Et nous, on se baigne dedans. Pas très écologique quand même, et étant donné le monde grandissant à y venir, quel avenir pour ces sources naturelles ? On y accède de façon plutôt sympa : dans une espèce de chariot de mine tiré par un cheval. Ce lieu, d’après ce que nous a expliqué notre guide Martin Martinez dit Pech, était un champ de cultures de plantes à sisal (d’où les chariots qui servaient à transporter la matière première). On y a passé un bon moment et Briac a adoré pouvoir se baigner sans avoir peur de se faire piquer par une raie !

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La visite du site archéologique maya de Tulum nous a laissé un peu sur notre faim et un peu perplexe. On a eu l’impression en entrant d’arriver au parc du Thabor à Rennes, tellement tout est banalisé et aménagé. D’ailleurs l’aménagement est si important qu’on n’a plus cette impression  de profondeur, et qu’on a parfois un peu de mal à voir les différentes constructions cachées par les arbres. Ça implique qu’on ne ressent plus l’atmosphère un peu étrange de ce genre d’endroit. Par contre, on voulait voir des iguanes, on en a vu : des gros, des petits, des avec queues, des sans queues, des noirs, des verts ….

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Et à la sortie c’était Las Vegas !! Des hommes déguisés en dieu du vent ou en jaguar, d’autres avec des iguanes ou des singes en laisse, capturés dans la nature et « apprivoisés » pour l’argent. Voilà c’est ce que crée le tourisme de masse que nous fuyons. Et on a fui cette petite ville, vouée au tourisme, au sens propre du terme. Thierry dit que j’en fais trop, ouais peut-être. On est sur la côte caraïbe mexicaine. La mer est super bleue et le sable super blanc, trop beau et on s’est baigné dedans ! sauf Briac qui n’arrive pas à ôter la raie de sa tête ; on y travaille et ça va revenir mais il va lui falloir un peu de temps, c’est normal. Autre dilemme : le bivouac. Il est interdit de camper près de la plage et toute la côte est occupée par les hôtels. Un charmant jeune homme nous y a pourtant autorisé juste à l’entrée de la réserve de Sian Ka’an ; mais le matin la police touristique nous a demandé de ne pas rester et de partir après le petit déj’. On a gagné une nuit avec pratiquement les pieds dans l’eau ! Tout le long reste difficile à squatter.

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On va vers Bacalar et sa lagune et c’est pareil une zone hôtelière tout le long. Jolie surprise : on avait déjà vue des lagunes dans lesquels il n’était pas question de mettre l’orteil (eau croupie, détritus en veux-tu en voilà …) mais là eau d’une clarté incroyable et donc des couleurs superbes, un peu comme la mer des caraïbes. L’eau est douce et des poissons tout blancs nagent dedans. 2ème surprise, la rencontre avec Carole et Thierry en voyage pendant 1 mois et demi au Mexique ; nous passons la journée ensemble à nous baigner dans cette eau si pure ! Ils sont installés à Chetumal, dernière étape pour nous, au Mexique, avant notre entrée au Belize.

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